Revoir la Sardaigne Alghero

 

Le voyage tire en longueur et à sa fin. Nous sommes mous. Le bateau est constitué de couples et de deux célibataires. Je partage avec Théo ce petit bonheur d'indépendance. Avant de vous décrire la fin du voyage, sachez que l'eau à 23° nous a paru désespérément froide. Ben oui. Sachez aussi ce qui vous attend si vous partez en bateau avec des copines, même super-sympas comme les nôtres.

Petit cours de psychologie sociale ou "Les femmes sont-elles une minorité active monsieur Moscovici ?"

Comme les femmes sont normatives ! Elles nous feraient presque croire aux vieux démons de l'éthologie. Sitôt dans une cuisine - fût-elle flottante - elles organisent, dirigent, ordonnent, rangent, nettoient. Bref, elles font chier. N'allez pas croire, les filles, que j'en ai marre de vous voir. Mais merde, laissez-moi donc manger une pomme si ça me chante ! Et vous, lecteur hypothétique, ne me prenez pas pour le premier des machos. Imaginez seulement que les copines en bateau sont avant toute chose un double obstacle :

- obstacle au désordre physique

- obstacle au désordre sentimental. (Globalement, elles nous empêchent de rencontrer d'autres copines, moins proches et donc moins normatives, plus romantiques, plus exotiques, plus nouvelles, loin de la routine, mais, mais, je m'éloigne et parfois une petite photo en dit plus long qu'un paragraphe...).

 

Le voyage tire donc à sa fin. L'enthousiasme du début fait place à l'ennui du retour, déjà si proche, et au moindre intérêt du nord de la Sardaigne, nous qui naviguâmes si loin au sud. On devient vite snob quand on s'est éloigné un peu plus. Nous étions victimes de ce principe. La vieille ville d'Alghero est très belle et le port très accueillant. Pourtant, l'eau courante et l'asphalte trop propre, les ponts du port en légo pré-montés, tout cela nous éloignait par trop de l'aventure, du moins celle que j'avais cru connaître plus au sud, si proche de l'Afrique et de ses sables.